Samedi 23 mai 2009 6 23 /05 /Mai /2009 13:46
Comment cuire les asperges de chez Jean-Yves Vancompernolle ?

-Ce sont des asperges vertes : elles ne doivent donc pas être pelées car elles sont peu fibreuses.
-Remplir une casserole à asperges d'eau jusqu'à mi-hauteur.
-Ne faire bouillir que la moitié inférieure des asperges, les têtes, plus tendres, ne devant cuire qu'à la vapeur.
-Temps de cuisson : 6-7 min.
Par GAC-Liberchies
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Samedi 2 mai 2009 6 02 /05 /Mai /2009 00:10
Reportage chez l'un de nos producteurs, diffusé sur RTL-TVI ce vendredi 01 mai dans le journal de 19h00.



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Par GAC-Liberchies
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Jeudi 30 avril 2009 4 30 /04 /Avr /2009 14:36

Rencontre avec Daniel Vuillon, fondateur des AMAP

26 avril 2009 – Louvain La Neuve

Un peu d’histoire

 

Teikei

C’est dans les années 60 que les premières initiatives de ce genre voient le jour au Japon.

A cette époque, de nombreuses personnes décèdent après avoir mangé des poissons au contenu toxique élevé (catastrophe de Minamata) ou de l’alimentation contenant des résidus de pesticides.

Plusieurs mères de famille se regroupent pour contacter des producteurs locaux et leur demander de produire des aliments sains et de saison avec en échange la garantie qu’elles achètent toute leur production. Ces groupes s’appellent des « TEIKEI » qui signifie « transparence ».

Ce faisant, ces producteurs :

Ne sont plus dépendant des mercuriales de prix (prix du marché)

Sortent de l’économie de marché pour assurer leur activité

Réduisent voire suppriment leur dépendance aux intrants de chimie de synthèse

Réduisent le gaspillage

Signalons que ces TEIKEI existent toujours au Japon. Plus même, 1 Japonais sur 3 fait partie d’un TEIKEI. C’est la présence importante de ces structures qui explique sans doute le fait que 10% encore de la population japonaise sont des agriculteurs contre, par exemple, 0,8% en France.

 

Jardins de Cocagne - Suisse

Ce concept se développe ensuite en Suisse sous le nom de « Jardins de Cocagne » (qui n’ont rien à voir avec leurs homonymes français). Il s’agit de coopératives de consommateurs acquérant une terre pour la mettre à disposition d’agriculteurs qui produisent pour eux.

 

USA

Ensuite ce concept prendra son essor aux USA et au Canada sous le nom de CSA (Community-Supported Agriculture). Aujourd’hui, il existe aux USA 2500 CSA. Au Québec, 12% de la population fait partie d’un CSA.

Daniel Vuillon. a constaté que tous les producteurs passés aux CSA pratiquent la biodynamie (qui est la technique « bio » qui apporte le plus de vie aux aliments www.bio-dynamie.org)

 


Et la première AMAP voit le jour…

 

Découverte

Daniel Vuillon habite à la Seyne sur Mer dans la région de Toulon. Il vit dans la ferme « Les Olivades », une ferme de 10 hectares.

C’est la ferme de ces ancêtres  qui date de 1804. Ferme où il est né.

Jusqu’en 2001, il produisait essentiellement pour la grande distribution avec, en plus, un point de vente à la ferme et de l’approvisionnement auprès de la grande gastronomie.

En 2000, en allant rendre visite à sa fille à New York, il fait la découverte, en plein Manhattan, d’un CSA, une structure réunissant des personnes s’approvisionnant auprès de petits producteurs périurbains.

Lors d’un débat sur la « malbouffe »  à Marseille, il fait part de cette découverte et quelques personnes lui suggèrent de tenter l’expérience.

 

Premier essai réussi

Début 2001, il démarre alors avec 40 familles d’Aubagne sur une période de 6 mois dans ce qui est la première AMAP (Alliance pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne).

Concrètement, les familles s’abonnent via un contrat de 6 mois qu’elles paient comptant ou en mensualités et reçoivent un panier chaque semaine. Ce panier est le produit du partage équitable entre les membres DE L’ENSEMBLE DE LA PRODUCTION DE LA FERME.

L’évaluation étant positive, en octobre 2001, il propose à sa clientèle qui s’approvisionnait auprès de son point de vente de passer en AMAP. Il se forme alors 3 groupes de 50 personnes et Daniel Vuillon peut se permettre de dire « au revoir » à Carrefour.

En 2003, la ferme devient 100% AMAP avec 210 familles abonnées.

   

2 craintes rapidement estompées

En démarrant cette AMAP, les Vuillon ont deux craintes :

les consommateurs vont-ils se satisfaire des produits de saison que la ferme leur proposera ?

Réponse : les consommateurs étaient ravis ; « trop de choix tue le choix »

les paniers continueront-ils à être écoulés malgré que les personnes sont en vacances ?

Réponse : les AMAPiens se sont débrouillés pour trouver un ami, un parent pour prendre et consommer le panier pendant leur absence

 

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Ce qui a changé aux Olivades

 

 

Avant

Aujourd’hui

Monsieur Vuillon passait 100% de son temps dans la commercialisation auprès des grandes surfaces et Madame Vuillon 60%.

Ils ont retrouvé une qualité de vie en termes de temps de travail

Ils consacrent leur temps à développer des pratiques agricoles alternatives et efficaces

Ils offrent des emplois qualifiés et durables

Les retours des chefs de rayon des grandes surfaces étaient cyniques avec comme objectif d’acheter au moindre prix

Les consommateurs, membres de l’AMAP, donnent des retours positifs, valorisants, constructifs

Ils avaient peur de ne pas vendre

Ils ont peur de ne pas produire assez

 

Les Olivades et les AMAP aujourd’hui

 

Les Olivades aujourd’hui, un modèle standard d’AMAP

Urbanisation oblige, la ferme est désormais encerclée dans la ville, en zone commerciale avec des tentatives d’expropriation depuis 20 ans.

Ce sont 210 familles et une liste d’attente de 150 familles

Le turn-over annuel dans les membres est de 10-15%

La superficie cultivée est de 10 hectares, inchangée depuis l’origine.

4 salariés permanents et 2 saisonniers y travaillent.

Il y a 3 distributions par semaine : le lundi, le mercredi et le vendredi

Les paniers se composent de 12 à 26 produits différents en fonction des saisons. Le prix est de 27,5 euros par panier hebdomadaire

Les abonnements sont semestriels du 1er avril au 30 septembre et du 1er octobre au 31 mars avec des paiements qui se font mensuellement, trimestriellement ou semestriellement

Toute la production est partagée entre les AMAPiens. En haute saison, il arrive que chaque AMAPien reparte avec 8 kg de tomates ou 14 melons par semaine.

La production a été désintensifiée en privilégiant la diversité et cela grâce au passage en AMAP.

Le site web de l’AMAP : http://www.olivades.com/

Exemple de contrat : http://www.olivades.com/Amap/ContratPrintempsEte2009Lundi.pdf

 

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Les AMAP aujourd’hui

Daniel Vuillon a accompagné le développement des AMAP un peu partout en France. De 2003 à 2008, le nombre des AMAP en Provence-Côte d’Azur a augmenté de 20 par an.

En France, on compte aujourd’hui 2000 AMAP qui ont permis et permettent à 3400 petites fermes de pouvoir continuer à fonctionner et cela dans des domaines très variés : œufs, volailles, fromages, viandes, poissons, pains, miels, produits détergents.

Un exemple d’AMAP « viandes » : http://www.terredesaveurs.com/images/upload/brochure_amap.pdf

Un domaine qui devrait prendre de l’extension dans le futur est l’arboriculture. La demande est considérable mais le savoir-faire doit être reconstitué.Un groupe de travail réunissant 30 arboriculteurs réfléchit à l’installation de jeunes candidats dans un système AMAP de fruits.

La superficie des exploitations en AMAP varie de 2 à 5 ha (les Olivades, avec ses 10 ha, sont une exception).

Un producteur belge (Ferme de Ste Barbe) souligne l’importance des abonnements long terme pour faire du concept GACS un concept où le producteur n’est pas tributaire des variations saisonnières dûes aux vacances et donc aux absences de membres du GACS.

La baisse importante du nombre de paniers lors des vacances d’été– période de haute saison pour la production – impacte brutalement et fortement le chiffre d’affaires du producteur.

 


Les AMAP – mode d’emploi

 

Règles d’or

1ere règle : une AMAP est un partenariat où les deux partenaires s’y retrouvent

2eme règle : chaque ferme doit disposer d’un nombre suffisant de membres pour lui permettre d’être viable sinon elle est en précarité

3eme règle : le fonctionnement se base sur des abonnements mensuels, trimestriels, semestriels, annuels de paniers livrés chaque semaine ou toutes les deux semaines (pour les légumes et fruits) afin de permettre aux producteurs de planifier ses activités sur un long terme

4eme règle : le prix des paniers intègre toutes les charges de l’exploitation y incluant les salaires, assurances, location des terres, etc.

5eme règle : remettre la biodiversité au goût du jour dans les fermes qui se mettent en AMAP -> la dynamique quitte les volumes et monocultures pour se focaliser sur la diversité des produits proposés

6eme règle : il faut 3 ans pour maîtriser les calendriers de production afin de proposer des paniers variés. Autrement écrit, les deux premières années, les AMAPiens doivent accepter des paniers dont la diversité n’est pas optimale

7ème règle : solidarité avec les paysans lors d’aléas climatiques exceptionnels afin de leur permettre de replanter et redémarrer

8ème règle : si un risque régulier est avéré pour l’exploitation, il faut sortir de l’abonnement la période où ce risque s’opère ; la solidarité ne s’opère que sur les aléas exceptionnels ; pour ces risques récurrents, ils sont souvent assurables avec répercussion, dans le prix du panier, des assurances payées.

9eme règle : séparer géographiquement les cultures d’hiver et les cultures d’été afin de pouvoir accueillir à tout moment de nouvelles cultures

10eme règle : sécuriser une partie de la production sous abri froid

11eme règle : réaliser une enquête de satisfaction en fin de saison sur les volumes et la diversité des produits afin d’adapter le planning de production de l’année suivante

12eme règle : le rôle du groupe de consommateurs est d’organiser le p artage équitable de ce qui a été produit

13eme règle : l’idéal est que le paysan soit présent à chaque distribution

14eme règle : la décision de poursuivre ou non un partenariat avec un producteur est de la responsabilité de CHAQUE adhérent ; il est déconseillé de déléguer la responsabilité et la décision à un petit groupe de personnes de type « bureau » ; les décisions se prennent en séances plénières

15eme règle : dans les AMAP, la certification bio n’est pas exigée ; la seule exigence est qu’il n’y ait pas d’intrant de chimie de synthèse ; le reste se base sur le confiance

16eme règle : il faut 40 abonnements par emploi et il est possible d’alimenter en paniers 40 familles / ha

  

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Une alternative

L’autre possibilité est de composer une coopérative d’achat regroupant des AMAPIENS afin de financer l’installation d’un jeune agriculteur.

Cela se fait via un appel à souscription.

Ainsi 300 personnes ont mis en moyenne 234 euros pour permettre l’installation d’un jeune paysan sur 10 ha dans la région de Bordeaux.

Coordonnées : collectif Cata 33 - http://collectif.terres.free.fr/

L’association « Terres de Liens » donne la possibilité de devenir coopérateur afin d’acheter des terres destinées à des projets d’agriculture durable.

Coordonnées : Terres de Liens - www.terredeliens.org/

En Belgique, le coût d’installation d’un jeune en agriculture est de minimum 60 000 euros.

 

Et le Sud là-dedans ?

 

Un constat terrible

Daniel Vuillon est très sévère vis-à-vis du bio des grands opérateurs qui, d’après lui, vont chercher à produire bio là où cela coûte moins cher (salaires, fiscalité), où les terres sont riches et, là encore, pour produire des denrées à destination des pays du Nord au détriment des cultures vivrières du Sud.

Aujourd’hui, le commerce mondialisé qu’il soit classique, équitable ou bio, n’est qu’un moindre mal car il reste une source d’intérêt mercantile. Les producteurs du Sud, plutôt que de développer des activités locales viables, sont impliqués dans des cultures de rente qui les rendent dépendants…du Nord et de ses modes de consommation.

Enfin, le transport de ces denrées contribue aux émissions de CO2. La totalité des transports contribue pour 27% des émissions de CO2.

 

Les AMAP et le Sud

Daniel Vuillon estime qu’il faut donner la possibilité aux paysans du Sud de reprendre en main leur destin en privilégiant les productions essentielles à destination des populations locales.

Le mieux que peut faire un GACS ou une AMAP du Nord, c’est de parrainer une AMAP du Sud. Des AMAPs existent déjà au Mali, au Togo, au Maroc ainsi que dans plusieurs pays de l’Europe de l’Est.

Pour aller plus loin : http://www.urgenci.net

  

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Commerce équitable Sud/Nord ou local ? Témoignage

Alfonso Cotera est directeur exécutif du GRESP (Groupe Réseau de l’Économie Solidaire au Pérou) et coordinateur du RPCJ&CE (Réseau Péruvien du Commerce Équitable et de la Consommation Éthique). Il écrit :

« Le CE d’exportation Sud/Nord a plus de limites que le CE local. Pour le premier, seuls quelques producteurs privilégiés peuvent avoir accès aux niches de marché d’exportation, alors que dans le cas du marché local, tous les producteurs peuvent offrir leurs produits.

Les produits qui s’exportent ne sont pas de première nécessité et avec la crise mondiale, la demande de ces produits est en baisse alors que les produits qui s’échangent sur un marché local sont en général de première nécessité et donc moins soumis aux fluctuations de l’offre et de la demande.

De plus, l’exportation suppose un transport qui provoque un coût élevé pour l’environnement alors que, dans le cas du marché local, tout est échangé sur place.

Enfin, le marché local permet la valorisation des productions autochtones locales pour ainsi réduire petit à petit la dépendance vis-à-vis de l’extérieur. »

Source : Journal Terre – Printemps 2009 – n°124

 


Une loi pour fixer des terres nourricières pour l’éternité

 

Préambule

Daniel Vuillon estime qu’il existe 3 fonctions vitales qu’il ne faut pas confier aux lois du marché :

l’air

l’eau

la nourriture

Ce constat fait, le problème universel et majeur lié à la nourriture est la possibilité, pour les petits producteurs, d’accéder au foncier.

 

Sa proposition

Légiférer pour obliger les communes à classer la surface nécessaire pour nourrir la population locale comme « terre nourricière pour l’éternité ».

Ces terres qui seraient les meilleures du territoire seraient réservées aux agriculteurs proposant leur projet et ne feraient pas l’objet de spéculation.

Deux pays l’ont déjà fait : la Suisse et le Japon.

Ces deux pays, juste après la guerre, ont réalisé l’inventaire de leurs meilleures terres et les ont classées « terres nourricières ». 60 ans après, ces terres existent toujours.

Daniel Vuillon a fait cet inventaire sur un territoire de 31 communes composées de 500 000 habitants : il est arrivé au résultat que 1 habitant sur 2 pourrait être nourri par les terres disponibles localement.

Emmanuel Bailly a développé le concept d’Ecorégion après avoir évalué le niveau de souveraineté alimentaire de la région du Limousin.

Le concept d’Ecoregion en résumé :

http://www.biodiversite2007.org/IMG/pdf/EB_Eco_regionalite-1.pdf

L’étude complète :

http://notre-planete.info/ecologie/devdurable/region/ecoregion2005.pdf

  

Action possible

Inventorier les terres encore disponibles sur nos territoires et calculer le nombre d’habitants qu’elles pourraient nourrir.

Pour cela, contacter Daniel Vuillon afin de voir comment il a réalisé son calcul.

 

 

Par Le GAC
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